Qu’est-ce qu’un jubilé ?
Le jubilé s’enracine dans l’invitation au peuple hébreu, après sept périodes de sept années, de prendre une année où l’on remet toutes les dettes. Dans le Lévitique, nous lisons : « Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire. » (Lv 25, 10-13).
En 1300, le pape Boniface VIII proclame une année de jubilé, et qu’un grand pardon est accordé à tous les pèlerins qui se sont confessés et ont reçu l’absolution, et qui ont visité et franchi les portes saintes des basiliques romaines Saint-Pierre et Saint-Paul hors les murs. Ce jubilé eut un grand succès, on a dû même établir des sens de circulation pour la foule des pèlerins. L’idée du pontife était de célébrer un tel jubilé tous les 100 ans. Mais 50 ans plus tard, en 1350, le pape Clément VI, quatrième pape d’Avignon, concède aux Romains un nouveau jubilé. Et à partir de 1400, à une époque où l’espérance de vie n’était pas très grande, il sera célébrée tous les 25 ans pour que chacun puisse vivre cette démarche au moins une fois dans sa vie.
2025 est le vingt-sixième jubilé ordinaire depuis sa création au XIVe siècle. Il peut y avoir aussi des jubilés extraordinaires comme l’Année de la Miséricorde en 2016, ou le 2e millénaire de la Rédemption qui sera célébré en 2033.
Quel est le thème de cette Année jubilaire 2025 ?
Vous le voyez sur le logo : le thème de cette Année sainte est l’espérance. Le pape François nous invite à être pèlerins d’espérance. Pour préparer ce Jubilé, il a publié une bulle d’indiction intitulée Spes non confundit : « L’espérance ne déçoit pas » (cf. Rm 5, 5). Le pape nous invite à vivre d’espérance, une espérance qui agit concrètement pour toute personne en difficulté.
Franchir la porte de l’Année sainte
La symbolique d’une porte à franchir se trouve dans la Bible, notamment dans le psaume 117, 19-20 : « Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. C’est ici la porte du Seigneur : qu’ils entrent les justes ! ». Cette symbolique devient encore plus manifeste avec Jésus qui proclame : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage » (Jean 10, 9).
Au cours de cette Année Sainte, les catholiques sont invités à se rendre en pèlerinage à Rome et à franchir l’une des quatre portes de l’Année sainte. Le pape François a ouvert la première porte à la basilique Saint-Pierre le soir de Noël, le 24 décembre 2024. Il la refermera le 6 janvier 2026.
Dans notre diocèse, l’ouverture solennelle de l’Année Jubilaire a été célébrée par Mgr Charles Morerod le dimanche 29 décembre à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.
La basilique Notre-Dame, église jubilaire
Dans la Note sur l’indulgence plénière concédée durant le Jubilé ordinaire de l’année 2025 annoncé par sa Sainteté le pape François, il est inscrit que, outre la cathédrale, l’évêque peut choisir d’autres sanctuaires ou basiliques comme églises jubilaires, où les fidèles pourront vivre la démarche de l’Année sainte et recevoir l’indulgence plénière . C’est ainsi que notre basilique Notre-Dame a été choisie par notre évêque comme l’une des églises jubilaires du diocèse.
Qu’est-ce que l’indulgence plénière ?
Dans la bulle d’indiction du jubilé, le pape en parle ainsi au n° 23, dont voici quelques extraits :
23. L’indulgence, permet de découvrir à quel point la miséricorde de Dieu est illimitée. Ce n’est pas un hasard si, dans l’Antiquité, le terme « miséricorde » était interchangeable avec le terme « indulgence », précisément parce que celui-ci entend exprimer la plénitude du pardon de Dieu, qui ne connaît pas de limites.
Le Sacrement de Pénitence nous assure que Dieu pardonne nos péchés. […] La Réconciliation sacramentelle n’est pas seulement une belle opportunité spirituelle, mais elle représente une étape décisive, essentielle et indispensable sur le chemin de foi de chaque personne. C’est là que nous permettons au Seigneur de détruire nos péchés, de guérir nos cœurs, de nous élever et de nous étreindre, de nous faire connaître son visage tendre et compatissant. En effet, il n’y a pas de meilleure façon de connaître Dieu que de se laisser réconcilier par Lui (cf. 2 Co 5, 20), en savourant son pardon. Ne renonçons donc pas à la Confession, mais redécouvrons la beauté du sacrement de la guérison et de la joie, la beauté du pardon des péchés !
Cependant, comme nous le savons par expérience personnelle, le péché “laisse des traces”, il entraîne des conséquences : non seulement externes dans la mesure où il s’agit des conséquences du mal commis, mais aussi internes, dans la mesure où « tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification soit ici-bas, soit après la mort dans l’état qu’on appelle purgatoire » (CEC 1472). Il reste donc, dans notre humanité faible et attirée par le mal, des “effets résiduels du péché”. Ceux-ci sont éliminés par l’indulgence, toujours par la grâce du Christ, qui est, comme l’a écrit saint Paul VI, « notre “indulgence” ». […]
Une telle expérience de pardon ne peut qu’ouvrir le cœur et l’esprit à pardonner. Pardonner ne change pas le passé et ne peut modifier ce qui s’est déjà passé. Mais le pardon permet de changer l’avenir et de vivre différemment, sans rancune, sans ressentiment et sans vengeance. L’avenir éclairé par le pardon permet de lire le passé avec des yeux différents, plus sereins, même s’ils sont encore embués de larmes. […]
Comment recevoir l’indulgence ici à la basilique ?
Traditionnellement, les conditions pour recevoir l’indulgence plénière sont de recevoir le sacrement de la réconciliation, de participer à la messe, et de prier aux intentions du Saint-Père. La Note sur l’indulgence plénière accordée pendant l’année du jubilé 2025 précise :
« Les fidèles pourront également recevoir l’Indulgence jubilaire s’ils rendent visite, individuellement ou en groupe, à un lieu jubilaire. Là, ils vivront un temps convenable d’adoration eucharistique et de méditation, conclu par le Notre Père, le Credo, et l’invocation à Marie, Mère de Dieu ».
A noter que l’indulgence plénière peut être demandée pour soi, mais aussi pour d’autres : « l’Indulgence jubilaire, en vertu de la prière, est destinée de manière spéciale à ceux qui nous ont précédés afin qu’ils obtiennent la pleine miséricorde » (Spes non confundit, 22).
A la basilique Notre-Dame, le jour privilégié pour vivre la démarche jubilaire est le vendredi, où le Saint-Sacrement est exposé durant toute la journée, depuis la messe de 8h jusqu’à celle de 18h30. Des prêtres sont à votre disposition pour les confessions du lundi au vendredi de 17h30 à 18h30 et le samedi de 8h30 à 9h et de 17h à 18h30.
Belle démarche jubilaire,
et bonne Année Sainte, où nous sommes des pèlerins de l’espérance !
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28 août 2025